L’on définit le Microbe comme étant un micro-organisme vivant et source de maladie infectieuse ( bactéries, virus, champignons, parasites). En d’autres mots un germe susceptible de déclencher un état de maladie. Qu’est ce que la résistance anti-microbiens? Quels sont les causes et facteurs accélérants la propagation de la résistance anti-microbiens?..voilà quelques questions qu’on trouvera des éclaircis dans le développement de cet élément.
Qu’entend t’on par R.A.M (Résistance Anti-Microbiens)

De prime abord, les anti-microbiens sont des médicaments utilisés pour prévenir et traiter les infections chez les êtres humains, animaux et végétaux. On entend donc par résistance anti-microbiens le fait que les micro-organismes résistent à l’effet des anti-microbiens (antibiotiques, antiviraux..)
« Avec le temps, la bactérie évolue:Elle a d’abord été préalablement tuée par un anti-microbien et après un certain temps vous prescrivez le même anti-microbien il n’arrive plus à tuer la bactérie. Pourquoi? La bactérie échappe désormais au mécanisme d’action de l’antibiotique qui a été prescrit. On arrive dans une situation où on connaît le Microbe, on connaît la maladie mais on ne connaît pas l’antibiotique qu’on pourra associer« (Dr TENA, médecin généraliste à HCNDA)
Une question se pose:en quoi la R.A.M est elle une préoccupation?
Mlle BAME Careen Technicienne de Laboratoire en service a l’hôpital de district de Deido nous révèle: »
a)à L’échelle mondiale
La résistance aux antimicrobiens pendant un bon bout de temps est devenue une preoccupation croissante dans le monde. Ceci n’exclut pas les pays dévéloppés. Aux Etats Unis,selon Les Centres pour le contrôle et prévention des Maladies (Centres for Diseases and Prevention Control, CDC), par exemple , 35,000 personnes décèdent chaque année d’infections résistants aux antibiotiques. Dans l’Union Européenne, la mort humaine est estimée à 33,000 vies par an. D’ici 2050, au cas où tous les paramètres restent de même, les chiffres à l’échelle mondiale pourraient atteindre 10 millions de décès par an. Cette croissance signifie que la résistance antimicrobiens est devenue préoccupante pour les pays du monde dévéloppé, comme non-dévéloppé.
b) Sur le plan national, la résistance antimicrobiens tout comme le cas mondial montre une croissance progressive. Une étude fait au Laboratoire de Biologie Clinique de l’Hôpital Général de Douala, avait montré que le taux de résistance des enterobactéries(une catégorie de bactéries qui réside dans les intéstins des humains et des animaux) était élévé, et une augmentation de 29.1% à 51.6% de 2005 à 2012 de résistance constatée sur les cephalosporins de 3e generation. Aussi une autre résistance antibiotique observée était pour la Ciprofloxacin de 29.2% à 44%. Ces statistiques extrapolables indiquent que au Cameroun, il existe une progression de résistance antibiotiques en particulier et antimicrobien en général qui se présente comme une urgence absolue
Les facteurs accélérant la propagation de la résistance
Ils sont de plusieurs ordres que nous énumérons comme suit:
– la prise excessive de médicaments: Dr NOPOWO TAKAP Francis( entomologue médical/parasitologue) dit: « lorsqu’on prend excessivement un médicament il va de soit que les germes auxquels on veux exposer ces médicaments là, il y a ceux qui survivront et ceux qui mourront. Les germes résistants resteront et se multiplieront.De plus, comme autre facteur les mauvaises conditions de vies, absence d’eau potable , à l’assainissement et à l’hygiène «
– Un accès insuffisant à des médicaments, des vaccins et des produits de diagnostics de qualité et d’un coût abordable
– L’insuffisance de mesures préventives contre les infections microbiennes
– l’accoutumance de l’organisme à certaines bactéries ( ici la bactérie commence à comprendre comment échapper simplement parce qu’il a passer un long temps d’exposition à l’anti bactérien)
– la mauvaise pratique médicale: lorsqu’on prescrit des médicaments qui ne sont pas adaptés et parfois de mauvaise qualité ou sous dosés.
Notons que certains actions sont faites par le MINSANTE pour sensibiliser les praticiens sur ce problème et à leur tour, ils peuvent éduquer leurs patients.
Nous parlerons aussi brièvement d’un plan d’action mis sur pieds par l’OMS en 2020 pour aider à sensibiliser la population sur l’utilisation des anti-microbiens et leurs effets. Depuis 2020 chaque année, il y’a un thème qui est célébré ( dans un autre billet on y reviendra avec plus d’éléments).
*Quelques solutions aux différents facteurs de résistance sus évoqués*
– Une bonne pratique de fabrication, de prescription et de stérilisation des médicaments
– Sensibilisation forte et massive des populations
– Développement des méthodes d’hygiènes pour la réduction des infections
– Respect stricte de la posologie de prise des médicaments
– Proscrire l’auto médication
– Développer de nouvelles molécules efficaces
On retiendra de tout ce qui a été dit que, cette affection est bien réelle. Il revient au patient lambda que nous sommes tous de prendre des précautions pour éviter des infections ou du moins de bien les traiter pour éviter les reccurences; mais aussi aux personnels de santé de sensibiliser, de prescrire le bon médicament pour la bonne infection et enfin de faire un bon suivi du patient pour surveiller s’il y a résistance ou non. S’ils le font , il sera plus facile pour nous patients de faire le reste et réduire les risques de résistance anti-microbiens.
Kareyce Duchesse
