Le 31 août est journée mondiale du blog. Face aux tumultes observés sur les plate-formes digitales et dans nos vies de tous les jours, les blogueurs de L’ABC et Fellows de la 8ème cohorte de Defyhatenow ont choisi d’aller en croisade contre les dérives qui prennent de l’ampleur et dont il faut stopper la saignée.

Sous le thème la contribution du blogging pour éradiquer les discours de haine et les fake news, ce meetup réuni, le temps d’une fin de journée,divers acteurs du monde de la communication, blogueurs, créateurs de contenus, journalistes, stagiaires en journalisme et cyber curieux. Pour édifier ce beau monde, un panel de choix pour donner de l’éclat aux échanges :Badal Fohmoh, Caroline MVENG, Theophile Hiom II (blogueur et juriste), Marie Tiambou (blogueuse),Étienne TALLA, Frank William Batchou.

Blogueur, pas blagueur
Pour étancher la soif de connaissances numériques du public venu nombreux, les panelistes vont une fois le mot de bienvenue de la modératrice Suzanne MVENG dit,s’atteler à restituer les mots dans leur contexte.

L’apport du blog est non négligeable,notamment par sa proximité avec les usagers et sa facilité d’accès. Le définissant, Frank William Batchou précise » le blog est une plateforme sur laquelle on peut partager ses expériences, ses connaissances, de façon libre . À la différence du journalisme pour lequel il existe des écoles de formation, il n’y a pas d’école de formation en blogging « . Aussi une personne peut s’autoproclamer blogueur/blogueuse, dans la mesure où il/elle anime un blog « . Face aux questionnements et à l’actualité ponctués de cas d’emprisonnement et dénonciations plus ou moins avérées, Caroline MVENG invite à « faire attention aux propos que nous diffusons sur la toile.
Avec la prolifération de blagueurs revendiquant le titre de blogueurs, être blogueur c’est un profil. Un bon profil. Pour elle, « le bon blogueur c’est celui qui avant de diffuser une information se rassure de la véracité de cette information, c’est aussi celui qui se rassure que le contenu qu’il publie ne porte pas atteinte à une communauté, à un groupe ou à une tribu. Le bon blogueur est aussi celui qui se sert de sa plate-forme pour sensibiliser, pour encourager, produire du contenu qui véhicule des ondes positives et des valeurs morales positives. «


Le choix du thème couplé à la journée de célébration du blog n’est pas un hasard. Comme nous révèle les organisateurs, « on s’est rendus compte que beaucoup de créateurs de contenus, dans les contenus qu’ils créent, partagent beaucoup de fake news en propageant beaucoup de discours haineux. Nous nous sommes dits qu’il était temps de sensibiliser ces créateurs de contenus à un usage responsable des réseaux sociaux en outillant ceux-ci dans la détection d’une fausse information, pour que tout au long de la pratique de son activité, il n’aie plus à commettre cette erreur là « . Pour elle, par ailleurs promotrice de l’association Elles RAYONNENT ENSEMBLE, les discours de haine au Cameroun, touchent beaucoup plus les femmes avec pour objectif la plupart du temps de heurter leur sensibilité. Des mots tels :panthères, vendeuses de piment,…leur sont servis au quotidien,sans considération de leur sensibilité.
Discours haineux :tous responsables
Un discours haineux est un discours imprégné de haine vis à vis d’un groupe. Depuis sa création en 2014, Defyhatenow milite pour la lutte contre les fake news et les discours de haine. Pour cette 8ème Cohorte de l’AFF Cameroon (Africa Factcheking Fellowship) dont il fait partie, Étienne TALLA face au public : » On sensibilise pour que le citoyen sache qu’il a une responsabilité sur ce qu’il diffuse » quant à l’apport de l’association dont il assure le censorat, » l’ABC (Association des Blogueurs du Cameroun) forme à la bonne pratique du blogging » .
Badal Fohmoh de renchérir en parlant d’éducation aux médias qui est une grande nécessité dans un monde sans cesse changeant et innovant comme le nôtre « , où les notions sont bien souvent mal ou pas du tout comprises.
Ce à quoi va s’atteler Marie Tiambou, en faisant le distinguo entre désinformation et mésinformation.

Doit-on tout dire,Doit-on répondre à tout ?
Pour Theophile Hiom II blogueur et juriste, « face à un discours haineux,je peux choisir de ne pas y répondre » ,il poursuit en faisant savoir que les fake news se rangent dans la catégorie de la diffamation. Une infraction punissable par la loi camerounaise.

Le juriste qu’il est tient à donner quelques conseils :
Si vous faites la promotion d’infraction, vous même serez poursuivis
Il faut éviter les discours haineux. Il faut éviter d’appeler au meurtre
Il faut s’assurer que ce qu’on dit est vrai et vérifiable
S’assurer que ce qu’on dit n’est pas une atteinte à l’honneur et à l’honorabilite de quelqu’un, d’un individu ou d’une tribu. Donc, il faut toujours s’exprimer dans le respect du cadre légal
Tout ce qu’on dit a une implication légale (que ce soit en message privé comme c’est le cas inbox, en groupe privé, ou sur les plate-formes)