Le 22 Décembre 1884, Hickori Town (Bonaberi d’alors) était bombardée. A cet acte, des œuvres d’une grande valeur avaient été prises et emportées. 139 ans après à la faveur du symposium qui s’est ouvert hier au siège de la Fondation AfricAvenir, c’est un plaidoyer grandeur nature qui a été fait, avec en toile de fond les réalisations déjà effectuées. J’y étais.
Hommes de sciences, enseignants d’universités, hommes de médias, étudiants et étudiantes, le public qui a répond présent à ce rendez-vous de l’histoire n’a pas résisté à l’envie de venir s’abreuver à la source de la connaissance historique, et à raison. La salle s’est d’ailleurs remplie avec une attention toute particulière sur l’exposé du Prince KUM’A NDUMBE III, qui précédemment a accueilli les invités au pas de la porte, dans un rituel d’accueil solennel, et sous un fond de tam-tam.
Lieu empreint d’histoire du Cameroun à travers des livres, des archives sonores et même vestimentaires, cette rencontre était placée sous trois focus :
– Reconstitution de la mémoire collective des peuples d’Afrique ;
– Célébration des premiers héros de la résistance camerounaise contre le colonialisme ;
– Plaidoyer pour la restitution des œuvres de pouvoir, de culte et d’art africains.


Il était une fois…
Ce symposium s’inscrit dans une commémoration, et en un lieu qui n’a rien à voir au hasard. La leçon inaugurale du Prince KUM’A NDUMBE III édifiera le public d’ailleurs dessus, et ce sera l’occasion d’apprendre qu’il y’a 139 ans en ces lieux qui à l’époque portait le nom de Hickori town (actuel Bonaberi), les allemands bombardèrent et prirent des œuvres d’une inestimable valeur.

C’était le 22 décembre 1884.
Un siècle et plus plus tard, ce peuple réclame ce qui lui est dû, d’où ce plaidoyer, à l’effet de voir ces œuvres être restituées afin qu’elles retrouvent leurs places auprès des leurs.
Ce combat de faire connaitre l’histoire et réhabiliter la mémoire collective, le Prince n’est pas seul pour mener cela.
A ses cotés outre des partenaires, il peut compter sur la Mairie de la Ville de Douala par l’entremise du Maire Dr Roger Mbassa Ndine, qui a d’ailleurs ouvert ce symposium, et qui, répondant à la question de l’accompagnement de la restitution des œuvres au Cameroun « c’est un processus évidemment national. Celui qui va diriger ce processus c’est l’état, le gouvernement. Au niveau de la ville de douala, nous apportons un soutien à la fondation AfricAvenir qui est un pionnier dans ce mouvement de quête de restitution. Nous avons signé un partenariat avec cette fondation il y a quelques mois et je peux le dire, pour le budget de l’année prochaine, la subvention est reconduite ».

Le retour des œuvres est un impératif, encore nous dit Prince KUM’A NDUMBE III, qu’« on s’accorde à dire que c’est près de 90 pour cent de nos œuvres qui sont dehors, donc à peine 10 pour cent sont restées sur le territoire. C’est pour ca je parle de mémoire effacée » à cela, il va faire des révélations chocs, notamment que « s’il faut faire une estimation, nous savons que dans les musées publics il y a près de 40 000 œuvres et il faut ajouter ce qu’il y’a aussi chez les suisses et on en arrive à 50 000 et il faut aussi ajouter ce qui est en France et en Grande Bretagne. On ne peut pas donner de chiffres, mais c’est affreux. Il n’y a presque rien qui soit resté au Cameroun ».
Au cours de ces deux jours de symposium, le public en a appris tant du Prince que des éminentes personnalités venues aussi bien partager leur savoir qu’édifier celui-ci sur l’urgence du retour des œuvres au Cameroun.