Chaque troisième jeudi du mois de novembre, la Journée mondiale de la philosophie devient un rendez-vous incontournable pour revisiter les grandes questions existentielles. En 2024, le thème retenu, « Philosophie et bien-être », ouvre une réflexion profonde sur les liens entre la sagesse philosophique et l’épanouissement de l’être humain, tant au niveau individuel que collectif.
Une philosophie au service du bien-être
« La philosophie, c’est apprendre à vivre », écrivait Épicure, rappelant que la quête philosophique vise non seulement à comprendre le monde, mais aussi à améliorer la condition humaine. Ce thème résonne particulièrement au Cameroun, où la quête de bien-être s’inscrit dans un contexte de défis socio-économiques, de mutations culturelles et de besoin de paix sociale.
Lors des discussions organisées à Yaoundé, le professeur Samuel Ngono, philosophe camerounais, a expliqué : « Le bien-être n’est pas une fin en soi, mais un chemin. C’est dans la réflexion et la quête de sens que nous trouvons les clés pour l’atteindre. » Cette déclaration illustre l’importance de la philosophie comme boussole pour orienter nos actions et décisions.
Équilibre intérieur et bien-être collectif
Le bien-être, souvent perçu comme une aspiration individuelle, possède également une dimension collective. Une société harmonieuse repose sur des individus en paix avec eux-mêmes. Comme le souligne Florence Mbarga, sociologue et intervenante à la conférence : « Une société qui néglige la philosophie perd son humanité, car elle abandonne la réflexion au profit du matérialisme. »
Les discussions ont également mis en avant les enseignements des grandes traditions philosophiques africaines. Dans ces traditions, le bien-être s’enracine dans des valeurs de solidarité, de respect des aînés et d’harmonie avec la nature. Cette approche, combinée aux enseignements des penseurs occidentaux, comme Sénèque qui écrivait : « Le bonheur est de n’avoir besoin de rien que de soi-même, » offre une perspective enrichissante sur le sujet.
Philosophie et santé mentale
Dans un monde marqué par le stress et l’incertitude, le lien entre philosophie et santé mentale a également été exploré. « La philosophie est une thérapie pour l’âme », a déclaré Béatrice Abega, psychologue et panéliste. Elle a cité Montaigne, qui écrivait : « Philosopher, c’est apprendre à mourir. » Cette idée, loin d’être sombre, invite chacun à accepter les réalités de la vie et à trouver une sérénité durable.
Les échanges ont souligné que la pratique philosophique, en favorisant la réflexion et le détachement, peut aider à mieux gérer les angoisses contemporaines. Cela est particulièrement pertinent dans des contextes comme celui du Cameroun, où les défis de la vie quotidienne mettent à rude épreuve la résilience des populations.
Une invitation à la réflexion
Le thème « Philosophie et bien-être » rappelle que la philosophie ne se limite pas aux débats intellectuels : elle transforme la manière dont nous vivons. En s’interrogeant sur ce qui constitue une vie épanouie, elle invite chacun à trouver un équilibre entre le matériel et le spirituel, entre l’individuel et le collectif.
Comme l’a résumé le professeur Ngono : « La philosophie est le miroir dans lequel nous devons regarder notre vie pour y déceler ce qui manque à notre bonheur. » À travers ce thème, la Journée mondiale de la philosophie 2024 offre une précieuse opportunité de repenser nos priorités et de cultiver un bien-être authentique.