Chaque année, elle revient sans prévenir, parfois douce, parfois brutale : la saison des pluies. À Douala, la capitale économique du Cameroun, elle est attendue autant qu’elle est redoutée.
Pour Claudia, résidente du quartier Bonabéri, cette période réveille des sentiments contrastés.
« J’éprouve des sentiments partagés face à la saison pluvieuse. J’adore la fraîcheur qu’elle apporte, après la chaleur accablante de la saison sèche. L’air devient plus pur, la nature reprend vie… C’est agréable« , confie-t-elle.
Mais cette beauté naturelle a son revers. Les pluies diluviennes transforment parfois les rues en rivières impraticables. Claudia raconte :
« Quand il pleut fort, sortir du quartier devient un vrai défi. Les routes sont submergées. On arrive en retard au travail, les enfants à l’école. Et chez certains, l’eau entre même dans les maisons. »
Ce tableau, de nombreux Doualais le connaissent. La ville, construite en partie sur des zones marécageuses, peine encore à gérer ses eaux pluviales. Drains bouchés, constructions anarchiques, urbanisation galopante : les inondations sont devenues un véritable casse-tête.
Pour autant, chacun s’adapte à sa manière. Gladys, une autre habitante rencontrée à Akwa, partage sa routine bien rôdée : « Je choisis des vêtements plus amples, j’ai toujours un parapluie à portée de main. J’évite de trop me déplacer et je rentre plus tôt, avant que ça ne devienne compliqué dans les rues. »
Dans les marchés, les commerçants recouvrent leurs étals de bâches épaisses. Les mototaximen enfilent des imperméables colorés, et les passants sautillent entre les flaques d’eau avec une agilité quasi artistique. À Douala, la pluie devient un élément avec lequel il faut composer.
Mais derrière cette adaptation, une question de fond persiste : jusqu’à quand devra-t-on subir la saison pluvieuse au lieu de la vivre sereinement ? La réponse, selon les urbanistes, réside dans une meilleure gestion des infrastructures, un entretien rigoureux des drains et une sensibilisation accrue à l’urbanisation responsable.
En attendant, la pluie continue de tomber. Elle lave les feuilles, apaise les journées brûlantes… mais fait aussi trembler ceux dont les maisons risquent d’être envahies à la prochaine averse.
Vivre la pluie… ou la subir ?
À Douala, la saison des pluies est un test d’endurance. Elle révèle à la fois la beauté du climat tropical et les failles d’un développement urbain encore en chantier. Et pendant que certains s’émerveillent des premières gouttes, d’autres croisent les doigts pour qu’elles n’inondent pas une fois de plus leur quotidien.